Le premier livre d'Histoires Douces est arrivé — je le découvre

Le mystère du nounours disparu

Nouvelle histoire
🧸 À partir de 4 ans⏰ 10 minutes

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Lue par Marion :

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Jingle de débutMarcus était un petit garçon âgé de trois ans, presque quatre. Il vivait en ville et aimait bien observer le monde, par la fenêtre du salon. Installé sur un petit coussin, le nez presque collé à la vitre, il regardait les voitures, les vélos, les oiseaux et les gens qui passaient dans la rue.

Aussi, un samedi après-midi, il aperçut quelque chose de très étrange.
Une immense fourrure brune avait surgit d’un côté de la fenêtre, traversé, puis disparu de l’autre. Elle avait avancé lentement sur le trottoir, si grande et si touffue qu'on ne distinguait ni tête, ni bras, ni jambes. On aurait dit une montagne de poils qui se promenait toute seule.
Marcus avait été si impressionné qu’il avait retenu son souffle.
« C'est un ours », avait-il murmuré.
Pas un petit ours. Pas un ours moyen. Non, un ours gigantesque !
Surveillant d’encore plus près les passages dans la rue, Marcus avait alors découvert que cet animal immense passait presque chaque jour, à peu près à la même heure, devant sa fenêtre. Et chaque fois, il allait vite se cacher. Parfois derrière le canapé, parfois sous la table de la cuisine.
Papa et maman ne semblaient pas prendre au sérieux cette observation inquiétante.
« Chut ! L'ours est revenu ! » Chuchotait Marcus.
Puis il se réfugiait dans sa cachette.
Cette histoire dura des semaines.
Jusqu'au jour où une catastrophe épouvantable se produisit.

Marcus avait un nounours. C'était un petit ours en peluche brun, avec un gilet rouge et une oreille légèrement pliée. Marcus l'aimait plus que tout au monde. Il dormait avec lui, mangeait avec lui et lui racontait même de très longues histoires avant la sieste.
Mais ce matin-là, pourtant, quand Marcus se réveilla, le lit était vide.
« Nounours ? » appela Marcus.
Aucune réponse. Il regarda sous les couvertures, puis sous le lit. Il fouilla le coffre à jouets et inspecta derrière les rideaux.
Il alla même voir dans le réfrigérateur ! Peut-être Nounours avait-il eu un petit creux ?
Mais son doudou restait introuvable. Les yeux de Marcus commencèrent à picoter.
Où avait bien pu passer Nounours ?

C'est alors que Marcus entendit un bruit familier.
Frouf… frouf… frouf…
La grande fourrure passait devant la fenêtre.
Marcus eut soudain une idée : une idée extraordinaire !
« Les ours se connaissent surement entre eux ! » se dit-il.
« Et si le grand ours savait où se trouvait mon nounours ? »

Il prit son courage à deux mains. Sans perdre une seconde, il s’écria :
« Il faut que je lui demande où est Nounours ! ».
Il courut vers la porte, ses parents très surpris le suivant de près.
« Attendez ! » cria Marcus, sorti pieds nus sur le goudron froid du trottoir. « Monsieur le grand ours ! »
La grande fourrure s'arrêta net, puis elle se retourna d’un coup.
Marcus ouvrit de grands yeux et resta bouche bée de surprise : ce n'était pas un ours !
C'était une très grande dame, avec un sourire pétillant et des joues toutes roses, emmitouflée dans un immense manteau de fourrure brune.
Elle cligna des yeux et s’écria en riant :
« Oh ! Je crois que je viens d'être prise pour un ours ! »
Marcus rougit un peu.
La dame écarta son manteau.
« Je suis parfaitement humaine, petit bonhomme ! Et je précise que cette fourrure est entièrement synthétique. Pas un seul ours n'a prêté le moindre poil pour sa fabrication ! »
Puis elle ajouta, amusée :
« Mais je reconnais que de loin, je ressemble un peu à un grizzli. »
Malgré sa tristesse, Marcus esquissa un sourire. Puis il se souvint de la disparition de Nounours et renifla.
Devant le regard surpris de la grande dame, Marcus expliqua d’une petite voix :
« Mon nounours a disparu. J’ai cru qu’avec l’aide d’un autre ours, j’allais pouvoir le retrouver. »
La grande dame s'accroupit devant lui et prit un air extrêmement sérieux.
« Oh ! Disparu, dites-vous ? »
Elle fouilla dans la poche de son immense manteau de fourrure et en sortit… une loupe !
Une vraie loupe de détective, avec un long manche noir.
Elle la leva devant son œil.
« Voilà une affaire très mystérieuse. Je ne suis pas un ours, mais je vais peut-être pouvoir t’aider quand même ! »
Marcus ouvrit de grands yeux.
« Vous êtes détective ? »
La dame sourit :
« Pas exactement. Je suis auteure de romans policiers. J'invente des mystères, des indices, des coupables. Mais pour écrire de bonnes histoires, il faut quand même savoir enquêter ! »
Elle se redressa et déclara :
« Je m'appelle Madame Ursule. Et toi ? »
« Marcus ! »
« Et bien Marcus, je crois que nous avons une affaire très importante à résoudre : le Mystère du Nounours Disparu. »
Marcus sentit son coeur battre un peu plus fort. Cette aventure devenait passionnante !
« Première question », annonça Madame Ursule, « où la victime a-t-elle été aperçue pour la dernière fois avec certitude ? »
Marcus réfléchit très fort.
« Je crois que c’était hier… au parc… avec mamie. »
« Excellent ! » s’écria Madame Ursule. « Nous avons une piste. Je te propose de mettre tes souliers, ton manteau et que nous allions résoudre cette affaire, si Maman et Papa sont d’accord ! »
Les parents de Marcus avaient observé les échanges entre leur petit garçon et Madame Ursule avec beaucoup d'intérêt et d’amusement. Ils connaissaient depuis longtemps cette dame et acceptèrent de les laisser mener leur enquête.

Arrivés au parc, Madame Ursule sortit un petit carnet de sa poche.
« Les détectives notent tout », expliqua-t-elle.
Elle écrivit :
"Affaire n° 1 : Le Mystère du Nounours Disparu.
Victime : Nounours
Dernier lieu connu : Le parc."

Puis elle ressortit sa loupe de sa poche et commença à marcher en inspectant le sol.
Soudain, Marcus pointa un doigt tremblant.
«  Là ! »
Sous un banc dépassait une petite patte en peluche.
Madame Ursule s'agenouilla.
« Hum… Une patte de nounours. Voilà un premier indice qui est fort inquiétant ! »
Elle la ramassa délicatement et la déposa dans son sac.
« Nous allons conserver cette pièce à conviction. »
Quelques mètres plus loin, ils découvrirent une oreille sous une poubelle.
Puis plus loin, le petit gilet rouge accroché dans un buisson.
« Oh là là… » dit-elle, « quelle scène d’horreur ! »
Marcus déglutit, fort inquiet.
Madame Ursule inscrivit soigneusement dans son carnet chaque découverte, en précisant la nature et l’emplacement des indices.
Elle releva la tête et dit d’une voix grave :
« Mon cher Marcus, je crains que nous soyons sur une véritable scène de crime de doudou ! »
Marcus ouvrit une bouche ronde de surprise mais avant qu’un son puisse en sortir, il aperçut quelque chose.
Par terre, à une vingtaine de mètres, se trouvait un petit flocon blanc. Puis quelques mètres derrière, un autre. Et encore un autre.
« Du rembourrage ! » s’écria Madame Ursule.
Elle se pencha avec sa loupe.
« Ah ! Voilà une piste digne d'un grand détective. »
On aurait dit qu'un nuage s'était promené dans le parc en laissant derrière lui un chemin moelleux.
Les enquêteurs avancèrent lentement, très concentrés.
Enfin, ils arrivèrent au bout de la piste. Et là… ils retrouvèrent le nounours.

Il était couché dans l'herbe, tout aplati, tout déchiré, une patte en l’air, semblant appeler à l’aide.
À côté de lui se tenait un petit chien noir aux longues oreilles. Il remuait joyeusement la queue et avait l'air extrêmement fier de sa découverte.
Madame Ursule ajusta sa loupe.
« Je crois, annonça-t-elle, que nous avons trouvé le coupable ! Il a trouvé Nounours avant nous… et il a l’air de l’aimer beaucoup ! »
Le petit chien saisit le nounours entre ses dents et les regarda avec un air de défi.
« Oh non ! » s’écria Marcus, « Comment allons-nous le récupérer ? »
Madame Ursule fouilla alors dans son grand sac.
« Tout bon détective doit toujours avoir plusieurs accessoires. »
Elle en sortit une balle en caoutchouc qu’elle fit rebondir une fois.
Boing !
Le chien dressa aussitôt les oreilles.
Une deuxième fois. Boing !
Le chien se redressa, le doudou toujours entre les dents.
Une troisième fois. Boing !
Madame Ursule jeta la balle au loin.
Le chien lâcha le nounours et partit à toute vitesse derrière son nouveau trésor.
« Affaire résolue ! » déclara-t-elle triomphante.

Marcus récupéra son pauvre ours en peluche et le serra contre lui.
Il était dans un état épouvantable.
Madame Ursule lui adressa un sourire rassurant.
« Heureusement, je ne suis pas seulement auteure de romans policiers. »
Elle sortit une petite boîte en métal de son grand sac. À l'intérieur se trouvaient des aiguilles, du fil et de minuscules ciseaux.
« Je suis aussi une excellente couturière ! »
Les deux détectives s’assirent sur un banc et, avec beaucoup de soin, la grande dame épousseta le doudou. Elle recousit la patte, puis rattacha l'oreille.
Ensuite, elle découpa un minuscule morceau de fourrure de son manteau.
«  Toujours synthétique ! » précisa-t-elle avec un clin d'œil.
Elle en fit un petit carré tout doux qu'elle cousit sur le ventre du nounours, après avoir remis à l’intérieur les boules de rembourrage récupérées un peu partout.
Pour finir, elle remit en place son petit gilet rouge.
Quelques longues minutes plus tard, le travail était terminé. Madame Ursule tendit son nounours au petit garçon.
« Le patient est sauvé ! Il gardera des séquelles mais, il vivra ! »
Marcus le prit dans ses bras.
C’est vrai qu’il n'était plus tout à fait comme avant. Mais il le trouvait encore mieux !
Il portait désormais un petit morceau du manteau de Madame Ursule, souvenir de leur grande enquête.
« Merci, Madame Ursule ! Vous êtes vraiment l’ours le plus incroyable que je connaisse », lança Marcus.
Madame Ursule éclata de rire.

Marcus rentra chez lui le cœur léger, son nounours bien au chaud serré dans ses bras. Il fut très fier de raconter à Maman et Papa toute leur aventure !
Depuis ce jour, chaque fois que la grande dame passe devant sa fenêtre, elle lève les bras, fait une drôle de grimace et pousse un énorme :
« Grrroooaaaar ! »
Et Marcus répond par de grands éclats de rire.
Il sait maintenant que l'ours qui passe devant la fenêtre, c'est la plus gentille des dames détectives en manteau de fourrure… synthétique !

FIN

Petit mot de l'auteure

Ces histoires sont inventées, écrites, illustrées et racontées par nous-mêmes : n'hésitez pas à nous faire un petit retour sur ce que vous avez aimé, ce qui vous a moins plu, ainsi que sur les réactions de vos enfants !

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